1. Pour défendre l’environnement

Eusko est un outil de relocalisation de l’économie : utilisable seulement entre prestataires ayant leur siège social au Pays Basque, il favorise les échanges entre eux. En effet, mieux vaut utiliser les eusko reçus de ses clients pour payer un fournisseur ou un prestataire local que les reconvertir en euros, car une commission de 5% est prélevée sur les reconversions. En développant ainsi les échanges au sein du Pays Basque, l’Eusko d’une part soutient l’emploi local, et d’autre part agit pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre liées aux transports, puisque plus d’échanges locaux, c’est moins de distance parcourue par les produits.

Pour renforcer cet effet de relocalisation de l’économie, Euskal Moneta demande à ses adhérents professionnels de relever deux défis, l’un ayant trait à la relocalisation de l’économie, et le second à la promotion de l’usage public de la langue basque (voir plus bas).

Dans le cadre du défi sur la relocalisation,  le professionnel devra intégrer au moins trois produits locaux dans son activité. Si son activité ne le lui permet pas (un vendeur de téléphones portables, par exemple), il devra faire travailler au moins trois prestataires du réseau eusko. Et dans le cas où ce défi non plus n’est pas possible (par exemple pour un créateur de sites Internet travaillant chez lui), il devra  mettre en place un tri sélectif des déchets liés à son activité, défi pour lequel Bil ta Garbi et ses ambassadeurs du tri sont partenaires.
Euskal Moneta accompagne bien sûr les prestataires dans la réalisation de ces défis. Ses salarié-e-s sont présent-e-s sur le terrain pour aider les commerçants à trouver des partenaires au sein du réseau, et l’association met à la disposition de ses adhérents professionnels l’annuaire Eskuz Esku spécifiquement conçu à leur intention pour recenser les plus de 300 fournisseurs payables en eusko (produits alimentaires, nettoyage de locaux, comptabilité, travaux d’aménagement…). Ainsi, grâce à l’Eusko, plusieurs centaines de nouvelles relations professionnelles se sont liées entre structures du Pays Basque, pour relocaliser l’économie et donc participer à la transition écologique. C’est l’une des raisons d’être de l’Eusko.

2. Pour participer à la sauvegarde de la langue basque

L’euskara est au cœur du projet de l’eusko depuis sa création. Chaque professionnel rejoignant le réseau Eusko, qu’il parle basque ou non, participe à la sauvegarde de l’euskara en relevant au moins l’un des deux défis suivants :

  • la mise en place de l’affichage bilingue dans la signalétique de son établissement et/ou dans ses outils de communication,
  • l’accueil des clients en basque ou, pour les non euskaldun, une initiation de 20h finançable par la formation professionnelle et proposée par AEK, partenaire de l’Eusko.

Depuis 2013, 314 commerçants, chefs d’entreprises et paysans du réseau Eusko se sont ainsi engagés à traduire leur signalétique en basque ! Des dizaines d’entre eux ont déjà concrétisé cet engagement, et les autres sont en train de le faire.

Concrètement, un chargé de développement d’Euskal Moneta relève sur place le vocabulaire à traduire, puis l’Office Public de la Langue Basque (OPLB) réalise la traduction, et enfin Euskal Moneta accompagne le professionnel dans la mise en place de son affichage en bilingue. Le tout gratuitement, grâce à l’action d’Euskal Moneta et au soutien de l’OPLB.

Dernière chose : regardez bien le chiffre en bas à droite de l’autocollant “Ici, nous acceptons l’Eusko” sur les vitrines des commerçants du réseau. Le 1, 2 ou 3 signifient :

3. Accueil en basque

2. Accueil limité en basque

1. Pas d’accueil en basque

Alors si vous voyez un 2 ou un 3, n’hésitez pas, euskaraz mintzatu!

3. Pour soutenir l’agriculture paysanne 

Pour rejoindre le réseau Eusko, toute entreprise doit être agréée par le Comité d’agrément d’Euskal Moneta, composé d’adhérents particuliers et professionnels.

Les exploitations agricoles, pour être agréées, doivent avoir des pratiques en ligne avec l’agriculture paysanne, et ne pas être dans une logique d’agriculture industrielle.

Comme l’explique sur son site Euskal Herrikoa Laborantza Ganbara, partenaire de l’Eusko, « L’agriculture paysanne doit permettre à un maximum de paysans répartis sur tout le territoire de vivre décemment de leur métier en produisant sur une exploitation à taille humaine une alimentation saine et de qualité, sans remettre en cause les ressources naturelles de demain. Elle doit participer avec les citoyens à rendre le milieu rural vivant dans un cadre de vie apprécié par tous. »

L’agriculture paysanne est une agriculture d’utilité publique, qui répond aux attentes de la société et donc, mérite le soutien de cette société. Elle n’est ni un label, ni une certification, mais un projet vers lequel il faut tendre, une démarche de progression, proposée non seulement aux agriculteurs mais également aux décideurs politiques et aux consommateurs. Elle participe à la vie des territoires par le nombre d’emplois non délocalisables qu’elle créée ou maintient, des pratiques agricoles qui tiennent compte des personnes et de l’environnement, et contribue à un Pays Basque où les habitants se sentent bien.

4. Pour ne pas participer à la spéculation financière

Une monnaie, qu’elle soit de type étatique et avec intérêts comme l’Euro, ou citoyenne et sans taux d’intérêt comme l’Eusko, se caractérise traditionnellement par trois fonctions principales:

  • C’est une unité de compte qui permet de mesurer la valeur de manière standardisée, de comparer les prix, etc.
  • C’est un intermédiaire dans les échanges qui permet des transactions beaucoup plus simples qu’avec le troc et qui facilite l’emploi salarié et l’établissement des contrats.
  • C’est enfin une réserve de valeur (ou d’épargne) qui permet de différer dans le temps l’utilisation de son pouvoir d’achat.

Cette dernière fonction de la monnaie rend possibles les financements et les investissements, mais elle est aussi la source de très nombreux excès.

De plus, la richesse est créée par la circulation de la monnaie, pas par la masse monétaire ! C’est d’autant plus vrai que la masse monétaire est artificiellement gonflée par le système du multiplicateur de crédit : l’argent déposé dans une banque lui permet de prêter beaucoup plus d’argent que ce dépôt, en créant elle-même sur ses comptes la masse d’euros qui sera prêtée dans la limite de ce qui lui a été autorisé par la Banque Centrale Européenne. Et à chaque fois bien sûr, des taux d’intérêts sont perçus comme rémunération de ce commerce de l’argent : au final, pour un dépôt “réel” de 1000 euros dans une banque,  ce système génère une masse monétaire “virtuelle” pouvant atteindre 10 000 euros, mais complètement déconnectée de l’économie réelle.

Aristote redoutait déjà cette dérive : “Quoi de plus odieux, surtout, que le trafic de l’argent, qui consiste à donner pour avoir plus, et par là détourne la monnaie de sa destination primitive ?” Pas de doute, il aurait certainement adhéré à l’Eusko s’il en avait eu la possibilité!

Comme beaucoup d’autres monnaies complémentaires, l’Eusko est en effet non seulement une monnaie démocratique, gérée par les citoyens, mais aussi une monnaie sans taux d’intérêt, qui n’oublie pas que l’argent est un bien public.

Avec l’eusko numérique, vous pourrez garder vos eusko sur votre compte aussi longtemps que vous le voulez, ils ne produiront pas d’intérêt. Et vous ne paierez pas d’agios, car il n’y a pas de découvert sur les comptes eusko.

Utiliser l’Eusko permet aussi d’agir sur plusieurs autres niveaux :

  • Education populaire. L’utilisation d’une monnaie complémentaire suscite de nombreuses discussions et prises de consciences sur la fonction de la monnaie.
  • Réappropriation collective et démocratie participative. Depuis des années, l’argent a été privatisé au profit des banques qui exercent une tutelle exagérée sur l’économie. Avec l’Eusko, les citoyens se réapproprient l’économie : tous les secteurs représentatifs de la société sont en effet associés au choix des orientations du projet.
  • Retrait de l’argent du système spéculatif. Tous les euros changés en eusko sont conservés par Euskal Moneta dans un fonds de garantie afin d’être en mesure de pouvoir rembourser tous les eusko en circulation. Ce fonds de garantie est placé dans des banques non spéculatives comme la Nef et la Caisse solidaire. Ainsi, à chaque fois que vous changez des euros en eusko, vous enlevez vos euros d’une banque généralement spéculative et vous participez au financement par la Caisse Solidaire de projets réels et structurants portés par des entreprises et associations du Pays Basque.

Pour toutes ces raisons, de plus en plus d’économistes estiment que les monnaies locales sont amenées à jouer un rôle important pour atténuer les crises à venir. Bernard Lietaer, l’un des fondateurs de l’ECU, ancêtre de l’Euro, estime ainsi que “le monopole de la monnaie conventionnelle est mort”. Le monopole est mort ? Vive l’Eusko !

NB: La magazine Alternatives Economiques a publié en mai 2016 un numéro spécial « Réinventer la monnaie » qui revient en détail sur ces mécanismes, et sur bien d’autres aspects des monnaies locales. Euskal Moneta en a acquis plusieurs exemplaires, n’hésitez pas à nous en demander un si vous êtes intéressé !

5. Pour soutenir l’économie locale

Dès son lancement, l’Eusko a développé un partenariat avec Herrikoa pour soutenir des projets structurants pour le Pays Basque. Depuis 2016, un autre partenariat avec Herrikoa et la Caisse Solidaire permet de générer des prêts solidaires pour les entreprises et associations du Pays Basque.

L’Eusko est un projet qui repose sur trois piliers: la relocalisation de l’économie, l’encouragement à des pratiques commerciales plus écologiques et solidaires, et la promotion de l’usage public de la langue basque.

L’économie est donc un enjeu majeur pour l’eusko. Au-delà de l’aspect relocalisant inhérent à toutes les monnaies locales l’Eusko a décidé d’aller plus loin dans le soutien à l’économie locale.

Dès son lancement Euskal Moneta a mis en place avec la société de capital investissement solidaire Herrikoa le fonds Eusko-Herrikoa pour soutenir sous forme d’apport en capital des projets structurants pour le Pays Basque. En outre, le fonds de réserve, c’est-à-dire le fonds constitué des euros changés en eusko, a été placé sur un compte à terme de la banque éthique la Nef permettant ainsi le soutien de projets écologiques, sociaux et solidaires sur tout l’Hexagone.

Et si on créait un dispositif pour que le fonds de réserve soit  utilisé directement  sur notre territoire ? 

C’est chose faite ! Se voulant toujours à la pointe de l’innovation, en 2016 l’Eusko a noué un partenariat avec Herrikoa et la Caisse Solidaire pour qu’une partie du fonds de réserve soit utilisée pour générer des prêts solidaires, sans garantie personnelle, pour les entreprises et associations du Pays Basque.

Le dispositif Caisse solidaire fonctionne, puisqu’en un an et demi, une vingtaine de projets ont été soutenus, soit 600 000 € investis sur le territoire.

Avec l’eusko numérique ce dispositif sera étendu. En effet, le fonds de réserve lié à l’eusko numérique sera intégralement placé à la Caisse Solidaire et l’ensemble des fonds pourra être utilisé pour soutenir l’économie locale.

Plus on changera d’euros en eusko, et plus ce fonds sera important ! Développons l’usage du numérique et soutenons ensemble l’économie du Pays Basque !

6. Pour financer une association que je choisis 

L’Eusko contribue à dynamiser le territoire en œuvrant pour la relocalisation de l’économie mais aussi en soutenant directement la vie associative. Euskal Moneta a déjà versé plus de 44000 eusko à diverses associations du Pays Basque grâce au bonus d’émission, ou système du « 3% Assos ».

Comment ça marche ?

À chaque fois qu’un utilisateur convertit des euros en eusko dans un bureau de change du réseau, il reçoit autant d’eusko qu’il a donné d’euros à Euskal Moneta, et préserve donc son pouvoir d’achat. Mais Euskal Moneta donne en plus un bonus d’émission de 3% de la somme convertie à l’association désignée par l’utilisateur comme bénéficiaire lors de son adhésion. Chaque association bénéficiaire reçoit les sommes ainsi accumulées par les changes réalisés par l’ensemble des utilisateurs de l’eusko l’ayant désignée comme bénéficiaire.

Pour pouvoir être bénéficiaire de ce système, l’association doit remplir deux conditions:

  • Elle doit bien sûr adhérer à Euskal Moneta et respecter les engagements que cela suppose (acceptation d’une partie des paiements qui lui sont faits en eusko, et utilisation d’au moins trois produits locaux dans son activité).
  • Elle doit être parrainée par au moins 30 utilisateurs.

Afin de pouvoir s’assurer de ce seuil minimal de parrainage et d’encourager leurs membres à utiliser davantage d’eusko – et donc d’augmenter le bonus d’émission dont elles bénéficient – plusieurs associations ont mis en place des “relais eusko” qui fonctionnent comme un bureau de change ponctuel au sein de la structure. Et désormais, grâce à la mise en place de l’eusko numérique, les adhérents de l’association sont encouragés à ouvrir un compte eusko en ligne, qu’ils alimentent par un change automatique mensuel depuis leur compte bancaire en euros. C’est sans frais, et ils peuvent utiliser ces eusko à tout moment avec leur euskokart, soit pour payer dans les dizaines de commerces équipés de terminaux de paiement eusko, soit en faisant des retraits de billets d’eusko dans les bureaux de change du réseau.

A titre d’exemple, une association parrainée par seulement 30 utilisateurs de l’eusko convertissant chacun 100 euros en 100 eusko par mois recevra un peu plus de 1 000 eusko par an.

7. Pour défendre le commerce de proximité

Pour rejoindre le réseau Eusko, toute entreprise doit être agréée par le Comité d’agrément d’Euskal Moneta, composé d’adhérents particuliers et professionnels.

Le Comité d’agrément applique la Charte de l’Eusko, qui exclut « les entreprises appartenant à des réseaux de la grande distribution, en raison du modèle économique destructeur d’emplois, de lien social et de ressources qu’elles développent. »

En effet, on estime qu’un emploi créé dans la grande distribution en détruit en moyenne trois dans le petit commerce avoisinant. De plus, les centrales d’achat de la grande distribution, pour écraser les prix, écrasent aussi les producteurs, les PME, etc.

Enfin, si tous ou presque nous faisons encore des courses dans les supermarchés, l’eusko nous incite à aller de plus en plus dans les petits commerces, ce qui ne revient pas plus cher si l’on choisit ses produits, si on cuisine un peu, si on achète moins de produits superflus et plus de produits de qualité, etc.

Le Comité d’agrément de l’Eusko fait une exception à cette règle, en agréant des supérettes affiliées à de grands réseaux de distribution :

  • si elles sont dans des villages ou des quartiers où il n’y a pas suffisamment de commerces  pour faire ses courses de tous les jours sans prendre la voiture
  • si elles participent au maintien de la population dans ces villages, l’épicerie locale étant aussi importante que l’école, la Poste, etc.