Questions / Réponses

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Questions / Réponses des utilisateurs

L’eusko : c’est quoi et pourquoi ?

L’eusko est le nom de la monnaie locale basque, écologique et solidaire qui circule depuis le 31 janvier 2013.

Le principal objectif de cette monnaie est la relocalisation des achats. Cela induit donc la redynamisation de l’économie locale, des projets associatifs, la promotion de la culture et de la langue basques, ainsi que la mise en œuvre de pratiques socialement et écologiquement responsables.

L’eusko : on s’en sert comment ?

1 euro = 1 eusko

Il s’agit d’un titre de paiement, comme le sont les chèques cadeaux ou les titres tickets restaurant. Les eusko sont échangés contre des euros dans des bureaux de change, dont la liste est disponible ici. Les coupures sont de 1, 2, 5, 10 et 20 eusko.

L’eusko : ça concerne qui ?

Cela concerne tous les particuliers (c’est-à-dire les consommateurs), toutes les entreprises (commerçants, prestataires de services, entreprises, paysans, artisans…), ainsi que les associations.

Où dépenser les eusko ?

Il sera possible de faire des achats en eusko chez tous les prestataires de biens et de services (coiffeur, boucher…) ayant reçu l’aval du comité d’agrément. Un annuaire sera disponible dès janvier 2013.

Un comité d’agrément pourquoi ?

Le comité d’agrément garantit simplement un réseau de prestataires en adéquation avec la charte et l’éthique de l’eusko (voir paragraphes 21/22/23 de la charte).

Les 3% pour les associations : c’est quoi ?

A chaque adhésion, le particulier désigne l’association qu’il souhaite soutenir. A la fin de chaque semestre, un don (en eusko) équivalent à 3% des sommes échangées par ce particulier est effectué à l’association qu’il a désignée.

Pour bénéficier des 3%, l’association à but non lucratif doit être au préalable approuvée par le comité d’agrément et obtenir un minimum de 30 parrainages.

L’eusko : j’adhère comment ?

Pour utiliser l’eusko il faut être membre de l’association Euskal Moneta.

Il est possible d’adhérer via le site internet www.euskalmoneta.org ou bien sur papier libre devant comporter obligatoirement les mentions suivantes : nom, prénom,  adresse, code postal, ville, e-mail, téléphone, et l’association bénéficiaire de votre choix. L’inscription doit être accompagnée du montant de l’adhésion annuelle comprise entre 5 et 20€ selon les possibilités de l’utilisateur.

L’eusko c’est contre l’euro ?

Non. L’eusko ne remplace pas l’euro.

Il s’agit d’une monnaie complémentaire. En convertissant et en faisant circuler les eusko, nous créons un pouvoir d’achat captif au Pays Basque nord. Ainsi, le circuit économique local est redynamisé, ce que les euros ne permettent pas. Pour autant, certains paiements resteront en euros (charges, impôts, fournisseurs encore indisponibles en Pays Basque…).

Et les faussaires ?

Afin de se prémunir des faussaires il n’y aura pas de billet de 50 eusko. De plus certains dispositifs de sécurité ont été intégrés aux billets (dorures à chaud, encre fluorescente, papier filigrané…)

Je perds de l’argent avec l’eusko ?

Non. Pour 100 euros convertis vous recevez 100 eusko. Vous ne perdez pas de pouvoir d’achat.

Comment fait-on pour les centimes ?

Il est conseillé de faire l’appoint en euro : si l’article vaut 5,5€ le consommateur donne 5 eusko et 50 cts d’euro. Le commerçant peut éventuellement rendre la monnaie en euro sur un billet d’eusko.

Une monnaie papier uniquement ?

Une monnaie électronique viendra prochainement compléter le système de monnaie papier.

La monnaie locale : une invention récente ?

Non. Le principe et le système de la monnaie locale existent déjà.

A titre d’exemple au Chiemgau, en Allemagne (comptant 280 000 habitants, région mixte de zones rurales et de petites villes comprenant entre 10 000 et 50 000 habitants, c’est-à-dire une région relativement semblable au Pays Basque) une monnaie locale, le Chiemgauer, existe depuis 2003. Actuellement les entreprises réutilisent 73% de la monnaie locale émise. De plus, leur monnaie locale circule 4 fois plus que l’euro.

Il existe plus de 5000 expériences à travers le monde. Il en existe également plus près de chez nous, comme dans le Lot et Garonne ou bien à Toulouse.


Questions / Réponses des professionnels

L’eusko, qu’est-ce que c’est ?

L’eusko est une monnaie complémentaire, comme il en existe une quinzaine en France, des dizaines en Europe, et des milliers dans le monde. Légalement, l’eusko est un titre de paiement qui a exactement la même valeur juridique qu’un ticket restaurant ou un chèque cadeau.

Au Pays Basque nord, un lot de billets sécurisés de 1, 2, 5, 10 et 20 eusko est édité. Les particuliers souhaitant s’en procurer se rendent dans un bureau de change du réseau, adhérent à Euskal Moneta et changent des euros contre des eusko au taux de 1 pour 1.

L’eusko, à quoi ça sert ?

L’eusko, ça sert à :

  • lutter contre la concurrence de la grande distribution
  • renforcer la solidarité entre habitants, entreprises, commerçants, paysans, artisans et associations du Pays Basque
  • fidéliser sa clientèle, et peut-être attirer de nouveaux clients
  • participer à un développement plus harmonieux du Pays Basque
  • promouvoir la langue basque dans la vie publique
  • réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Quel est le montant de l’adhésion annuelle ?

L’adhésion est entre 60 et 240 €, selon ce que peut et veut payer le prestataire. C’est donc à partir de 5 € par mois.

Comment se passent les paiements en eusko ?

Il faut savoir que nous avons fait valider toutes nos réponses par deux experts-comptables, Matthieu Bourdé, à Anglet, et François Larraburu, à Hendaye.

1 eusko = 1 euro.

En tant que commerçant, j’accepte les paiements en eusko comme en euros…
Mes clients peuvent me payer tout ou partie de leurs achats en eusko, jusqu’à 3 000 euros.

Rappel :

  • les coupons-billets de 1, 2, 5, 10 et 20 eusko sont sécurisés contre la falsification. Nous vous montrerons les systèmes de sécurité que nous avons mis en place.
  • le fonds de réserve (euros échangés contre des eusko) est co-géré avec Herrikoa
  • la Banque de France a vérifié la conformité de ce mode de paiement avec la réglementation en vigueur

Comment est-ce que je rends la monnaie ?

1 eusko = 1 euro, donc je peux rendre la monnaie dans l’une ou l’autre monnaie. Je préfère cependant demander l’appoint en euros : si l’article vaut 5,50 €, mon client me donne 5 eusko et 50 centimes d’euro. Je peux éventuellement rendre la monnaie en euros sur un coupon-billet d’eusko, mais si je dois rechanger une partie de mes eusko en euros à la fin du mois, je paierai la commission de change de 5%.

Il me faut une double caisse ?

Non, je fais ma caisse sans difficulté…

L’eusko est un simple moyen de paiement comme un ticket restaurant, un chèque vacance, un chèque cadeau… Je programme sur ma caisse enregistreuse un nouveau mode de paiement « eusko » J’utilise dans ma comptabilité un sous-compte de la classe 5 (Trésorerie) et je tiens un solde journalier en eusko que je vérifie avec mes coupons-billets eusko.

Mes ventes sont toujours enregistrées en euros et reportées dans ma comptabilité en euros pour l’établissement de mes déclarations sociales et fiscales (TVA, BIC, IS, IR…). Je ne déclare donc que des euros !

Qu’est-ce que je fais de mes eusko ?

Le but de l’eusko est de créer de la richesse au Pays basque en circulant au maximum. Donc je vais chercher à réutiliser les eusko que m’ont donnés mes clients :

  • en payant mes fournisseurs, dans une limite de 3 000 eusko par facture. S’ils n’acceptent pas encore l’eusko, je peux leur proposer de rentrer dans le réseau, et je donne leurs coordonnées à mon correspondant d’Euskal Moneta.
  • en me payant ou en payant une partie des salaires en eusko. C’est comme un paiement en liquide ! Le site du gouvernement Service Public est très clair : « Le paiement en espèces est possible uniquement si le montant du salaire est inférieur à 1 500 € et à la demande du salarié. ». Il suffit donc d’avoir l’accord du salarié, de lui faire signer un reçu pour les sommes reçues en eusko, et de mentionner par exemple « Paiement en liquide, 100 euros » sur sa fiche de paie. Et en tant que chef d’entreprise « Travailleur non salarié », je peux me payer en eusko sans limitation.
  • en faisant mes rabais en eusko : quand je veux faire un rabais de 20% sur un article à 100 euros, au lieu d’encaisser seulement 80 euros, j’encaisse 100 euros et je donne au client 20 eusko, à condition qu’il soit porteur de la carte Euskal Moneta. Il a payé le même prix, mais il a 20 eusko en poche qu’il va utiliser exclusivement chez moi ou un confrère du réseau.

Est-ce qu’il est possible d’échanger les eusko contre des euros ?

Pour les eusko que je n’arrive pas à réutiliser, je vais au bureau de change. Je dépose mes eusko, et je recevrai par virement bancaire l’équivalent de 95% de mon dépôt en euros. On me remet une facture pour les 5% de commission de change que je paie, que j’intègre à ma comptabilité comme n’importe quelle facture. Ces frais sont déductibles (compte 627) comme l’est ma cotisation à Euskal Moneta (compte 628).

Seuls les prestataires ont le droit de changer les eusko en euro, mais avec une commission de change 5 % du montant changé qui sert à financer les frais du système et la vie associative locale (les 3% donnés à une association à chaque fois qu’un particulier change des euros en eusko). Cette commission a pour but d’inciter les prestataires à développer l’utilisation de l’eusko et à le faire circuler, au lieu de rechanger contre des euros.

Mais ne vous inquiétez pas : lors du voyage d’étude en Allemagne, au Chiemgau, où se trouve le plus important système de monnaie complémentaire d’Europe, tous les commerçants nous ont dit que ces 5% ne sont pas un problème : ils s’appliquent uniquement sur votre chiffre d’affaires en eusko, et seulement sur la partie que vous n’aurez pas réussi à réutiliser. Si vous êtes un très gros utilisateur d’eusko, cela fera quelques dizaines d’euros par an, mais cela voudra dire que vous avez largement bénéficié du système puisque les gens viennent chez vous dépenser leurs eusko.

Est-ce qu’on pourra payer ses fournisseurs à distance ?

Si je dois régler 500 eusko à un fournisseur qui est à 100km, il faut un système de virement ou de paiement à distance. Il sera mis en place dès mi-2013 par l’équipe d’Euskal Moneta, totalement sécurisé, et je serai tenu au courant.

Et si j’ai besoin d’eusko en plus ?

Pour payer mes salariés, mes fournisseurs du réseau, il me manque des eusko ? Je vais au bureau de change de mon quartier ou de mon village, je change sans frais des euros en eusko. Je repars avec le même montant, un euro pour un eusko. En parallèle, Euskal Moneta donnera à l’association de mon choix l’équivalent de 3% du montant de mon change. Si je change 100 euros, je reçois 100 eusko, et l’association de mon choix 3 eusko.

Mais qui va utiliser l’eusko ?

Tous les habitants du Pays Basque ont quatre bonnes raisons d’adhérer à l’eusko et d’utiliser cette monnaie :

  1. Relocaliser leur achats et promouvoir l’euskara : grâce au système de défis mis en place par Euskal Moneta, les commerçants et entreprises entrant dans le réseau eusko s’engagent pour relocaliser leurs achats et utiliser davantage l’euskara. Cela veut dire plus d’emplois locaux, moins de transports polluants, et plus d’euskara dans la vie publique. Toutes les familles sont concernées par l’un ou l’autre de ces avantages. Le réseau compte déjà des centaines d’adhérents. Et des personnes de toutes sortes vivant au Pays Basque, nées ici ou venant d’autres régions, souhaitent favoriser un développement harmonieux du Pays Basque. Les ikastolas, écoles basques, regroupent au total près de 3000 familles, sans compter les ikas-bi. Herrikoa, notre partenaire, compte 4000 actionnaires. Un autre partenaire, AEK, donne des cours du soir en euskara à plus de 1600 adultes au Pays Basque Nord.
  2. Financer l’association de son choix : chaque fois que les utilisateurs changent des euros en eusko, l’équivalent de 3% de leur change est donné par Euskal Moneta à une association qu’ils souhaitent soutenir.
  3. Soutenir des projets d’économie sociale et solidaire : les euros confiés à Euskal Moneta constituent un fonds de réserve permettant de rechanger si nécessaire 100% des euskos en euros. Mais ce fonds de réserve ne dort pas : il est placé sur un livret de la Nef, une banque solidaire, qui s’en sert pour financer des projets écologiques et/ou solidaires.
  4. Investir au Pays Basque, avec Herrikoa : pour chaque euro mis dans ce fonds de réserve de l’eusko, Herrikoa investira un euro via un Fonds Eusko-Herrikoa dans des projets structurants au Pays Basque et en phase avec les objectifs de l’eusko : relocalisation de l’économie, promotion de l’euskara et/ou défense de l’environnement.

Et en termes de communication, qu’est ce que ça m’apporte ?

Le premier intérêt pour les prestataires est de défendre des sujets ou des valeurs qui le concernent, et de le faire savoir : l’économie locale, la langue basque, la solidarité entre entreprises et les pratiques plus sociales et écologiques.

Vous pourrez aussi profiter d’une communication valorisante : un ensemble de dispositifs sur support papier (annuaires, autocollants en entrée de boutique mentionnant l’appartenance au réseau, certificats mentionnant les défis affichages en entreprise, etc.) et sur Internet (site dédié avec fiche pour chaque prestataire, moteur de recherche). Mais aussi, les journaux parlent beaucoup de l’eusko : Sud-Ouest, France Bleu, les radios basques, le Journal du Pays basque (qui accepte même les paiements en eusko), il y a même eu un article dans le Parisien et un reportage à France 3 Euskal Herri. Le prestataire sera donc reconnu auprès des habitants comme engagé dans une démarche positive pour le Pays Basque.

Comment l’eusko peut-il relocaliser et dynamiser les entreprises locales ?

Toute entreprise intégrant le réseau s’engage à intégrer au moins trois produits locaux dans son activité (sauf si ce n’est vraiment pas possible. Exemple : le coiffeur, puisqu’il n’y pas de cosmétiques fabriqués au Pays Basque).

Les entreprises qui reçoivent des eusko ont intérêt à les réutiliser au lieu de les rechanger contre des euros, pour économiser les 5% de commission de change. Donc, chaque entreprise du réseau a intérêt à faire travailler les autres entreprises du réseau en se fournissant auprès d’elles, pour les payer en eusko.

Intérêt d’une monnaie locale : circule plus que l’euro et ne sort pas du territoire (voir les trois premières minutes de cette vidéo).

On crée de fait une solidarité entre entreprises. Mais pas seulement : les particuliers et les associations qui entrent dans le système pour défendre l’économie locale, l’euskara ou l’environnement ne peuvent dépenser leurs eusko que chez vous. L’eusko crée donc une solidarité entre habitants, associations et entreprises du Pays Basque. Par exemple, si une association reçoit des eusko de ses membres qui paient leur adhésion, elle devra trouver le moyen de les dépenser. On peut donc être sûr qu’avec ces eusko elle n’ira pas acheter ses fournitures ou la nourriture et les boissons de ses événements festifs en grande surface ou sur Internet, mais chez un commerçant du réseau.

Nous apportons un réel accompagnement : les entreprises peuvent compter sur nous pour aller voir leurs fournisseurs locaux et tenter de les convaincre d’entrer dans le réseau, et pour proposer des fournisseurs locaux membres du réseau si elles font appel à des fournisseurs hors-Pays Basque. Nous voulons tisser des relations entre entreprises du Pays Basque.

Par ailleurs, un fonds d’investissement Eusko-Herrikoa a été créé : à chaque fois qu’un particulier change 100 euros en 100 eusko, par exemple, Herrikoa investit 100 euros dans des entreprises du Pays Basque sur dossiers présentés par Euskal Moneta. Ce seront uniquement des projets structurants, des outils collectifs comme des ateliers de transformation, des réseaux de distribution de produits fermiers, etc. Cela permettra également de favoriser l’emploi local.

Comment l’eusko peut-il promouvoir la langue basque ?

Deux actions sont proposées aux prestataires pour promouvoir l’usage public de la langue basque :

  • La première consiste à mettre en place un affichage bilingue soit dans leur commerce, soit sur leurs produits et leur communication s’il s’agit d’une entreprise de production ou de service.
  • La seconde action prévoit la participation à 20 heures de cours de basque que le prestataire lui-même peut choisir de prendre ou bien de faire prendre à ses salariés.

L’objectif est de permettre à chaque prestataire d’assurer un accueil minimum en langue basque, ou d’améliorer leur niveau. Pour l’affichage bilingue, un accompagnement est proposé par Euskal Moneta, si vous en avez besoin. Pour les cours de basque, un partenariat est créé avec AEK, qui propose une formation sur mesure pour les commerçants, à des horaires fixés avec vous.

Il faut aussi souligner que de plus en plus de grandes surfaces proposent un affichage minimum en euskara. Elles ont compris que c’est aussi un argument commercial. Et cela n’a rien de difficile à faire. La Maison Adam, à Saint-Jean-de-Luz, a par exemple passé toutes ses étiquettes en bilingue français-euskara. De plus en plus de grandes surfaces mettent leur signalétique en euskara aussi.

Qui peut devenir membre d’Euskal Moneta et détenteur d’eusko ?

Tout particulier peut adhérer à l’association Euskal Moneta en tant qu’utilisateur. Toute personne morale également, mais après avoir rempli un simple dossier de demande d’agrément pour que le Comité d’agrément d’Euskal Moneta, composé de bénévoles et de chefs d’entreprises, puisse éviter que n’entrent dans le réseau des entreprises ne respectant pas sa Charte. Tout professionnel peut entrer dans le réseau, quel que soit son statut, à condition d’exercer son activité au Pays Basque : commerces de proximité, entreprises, artisans et professions libérales, producteurs, associations, etc.

L’adhésion est accessible à tout le monde : à partir de 5 € pour un particulier, 10 € pour une association, 60 € pour une entreprise.

Comment l’eusko favorise-t-il les pratiques sociales et écologiques ?

L’eusko représente un outil de relocalisation de l’économie, étant donné qu’il n’est utilisable qu’entre prestataires ayant leur activité au Pays Basque. Il va par exemple inciter un restaurateur membre du réseau à se fournir un peu plus en bières artisanales locales et un peu moins en bières industrielles venant de Hollande, par exemple. L’eusko favorise ainsi la réduction des émissions de gaz à effet de serre liées aux transports, et du même coup l’emploi local. Pour renforcer cet effet relocalisateur, les entreprises et associations membres du réseau doivent s’engager à utiliser trois produits locaux si leur activité le leur permet (c’est le défi « Relocalisation de l’économie »). Si ce n’est pas possible, elles mettent en place un autre défi écologique, le tri des déchets dans l’entreprise.

Mais il faut parler basque pour entrer dans le réseau ?

Pas du tout ! Encore une fois, tout le monde peut entrer dans le réseau. En revanche, l’un des deux principaux objectifs de l’eusko est (outre la relocalisation de l’économie) la promotion de l’usage public de l’euskara. C’est pour cela que des centaines de familles parlant euskara ou ayant un membre l’apprenant, un enfant d’ikastola ou un adulte inscrit à AEK, sont motivés pour utiliser l’eusko.

L’autocollant indiquant que vous acceptez l’eusko, sur votre vitrine, indiquera votre niveau d’euskara, pour qu’il n’y ait pas de malentendu :

  • Niveau 1 : vous ne parlez pas euskara, ou vous dîtes à peine milesker et adio. Nous vous fournirons quand même un lexique avec une vingtaine de mots essentiels, que vous utiliserez si vous le souhaitez. Vous pouvez aussi prendre une vingtaine de cours pour commerçants débutants proposés par AEK près de chez vous et financés par la formation professionnelle.
  • Niveau 2 : vous parlez un peu, vous avez appris mais avez oublié, ou votre vendeur parle euskara et pas vous. Bref, le client qui arrive sait que s’il parle basque, il doit parler doucement et peut-être passer rapidement au français. Quoi qu’il en soit, vous ou votre salarié souhaitant se perfectionner peut prendre des cours avec AEK, nous vous proposons un module pensé pour les commerçants dans le cadre d’un partenariat Eusko-AEK.
  • Niveau 3 : dans votre commerce on parle euskara.

Ensuite, si vous décidez de relever le défi Affichage en euskara, vous serez accompagné si vous le souhaitez, nous vous proposerons soit la liste de vocabulaire nécessaire dans votre activité, soit directement une aide à la traduction de votre communication. L’objectif est que cela devienne normal de voir des choses écrites en basque au Pays Basque.

Quels sont les moyens de paiement disponibles ?

Les particuliers et les prestataires utiliseront uniquement la monnaie papier dans un premier temps mais une monnaie électronique sera mise en place à la mi-2013. Soit un système de paiement sur Internet uniquement pour les prestataires, soit un système de paiement par téléphone portable pour tout le monde.

Au début, nous n’utiliserons que les billets sécurisés de 1, 2, 5, 10 ou 20 eusko. Le prestataire peut rendre la monnaie en euros. Il n’y pas de double caisse, pas de double comptabilité, toutes les déclarations sociales et fiscales se font en euros, l’eusko n’est qu’un moyen de paiement, comme un ticket restaurant, un chèque cadeau, etc.

Vous devez juste prévoir une place dans votre tiroir caisse pour les eusko, et éventuellement si vous avez une caisse électronique, demander à celui qui la programme pour vous d’ajouter une case “paiement en eusko”.

Les prestataires sont-ils obligés de relever les deux défis ?

Tout à fait, le prestataire doit respecter les critères de la Charte de l’eusko et s’engage à relever les défis, mais rien ne presse !

  • La mise en place du premier défi sera vérifiée au bout d’un an lors d’une rencontre avec le prestataire pour renouveler son adhésion, cela vous laisse donc du temps.
  • La mise en place du second défi sera contrôlée au bout des deux ans lors du renouvellement de l’agrément.

Si vous avez déjà rempli deux des défis, vous êtes tranquille pour les deux ans à venir, le temps de voir si le système est pour vous intéressant ou non !

Ensuite, ce système de défis sera évolutif et après les deux premières années d’existence de l’eusko, les prestataires auront un plus large choix avec la prochaine élaboration d’un Cahier de défis en concertation avec les entreprises, dans le cadre des discussions au sein de l’association Euskal Moneta. Ce Cahier de défis contiendra des dizaines de défis parmi lesquels vous pourrez choisir ceux qui vous semblent les plus adaptés à votre activité. Grâce à ce système, les entreprises locales s’engagent pour leur territoire, l’environnement et l’euskara, et donc les habitants vont continuer à utiliser l’eusko en voyant les résultats que cela produit. Au plus grand bénéfice des entreprises locales ! C’est un système gagnant pour tout le monde.

Mais nous restons avant tout pragmatique pour chaque défi. Concernant les produits locaux, si ce n’est pas possible (gamme unique de produits, entreprise de services…) vous avez l’alternative de choisir des fournisseurs locaux. On proposera alors l’alternative au comité d’agrément. Ou sinon ce sera le tri des déchets.

Et si vous ne connaissez pas de fournisseurs locaux pour votre activité, nous pourrons vous proposer de vous mettre en relation avec d’autres membres du réseau. Nous vous accompagnerons de la même manière pour l’affichage bilingue, les cours de basque, le tri sélectif, et aussi pour expliquer à vos salariés pourquoi il est intéressant d’accepter les eusko en paiement d’une partie du salaire, par exemple.

À quoi sert le fonds de réserve ?

Chaque eusko en circulation a été échangé contre un euro, qui doit rester sur un compte en banque pour répondre aux normes du Code monétaire et financier français. Ces euros constituent un fonds de réserve, qui est placé auprès d’une institution financière solidaire, la Nef. Il est une sécurité car il permet de garantir qu’à tout moment, l’ensemble des eusko en circulation sont reconvertibles en euros. C’est le fonctionnement de bon sens qu’impose le Code monétaire et financier français, et nous le respectons scrupuleusement. Preuve de sérieux : Herrikoa co-gère avec nous le fonds de réserve, nous avons passé une convention avec eux, ils soutiennent très fortement l’eusko.

Qui peut être bureau de change ?

Nous avons besoin d’un bureau de change par village ou par quartier. Un bureau de change n’est ni plus ni moins qu’un prestataire qui a un accès facile pour les habitants et propose de larges horaires d’ouverture.

Ce prestataire aura alors un registre de change et deux caisses, la sienne et celle d’Euskal Moneta. Cela lui permettra de réaliser les échanges d’euros en eusko, mais aussi d’eusko en euros (seulement pour les prestataires comme vous). Vous pouvez bien évidemment demander à être bureau de change, cependant rien ne vous y oblige. Si vous souhaitez l’envisager, vous serez contacté par un responsable de la logistique qui vous expliquera en détail tout ce que cela implique.

Quand vous voudrez changer des eusko en euros, vous remettrez vos eusko au bureau de change le plus proche et vous recevrez un virement de 95% de votre dépôt. Vous recevrez immédiatement du bureau de change une facture d’Euskal Moneta pour les 5% de frais de commission.

On s’engage pour combien de temps ?

L’adhésion est libre ainsi que la sortie. Elle dure un an, et vous sortez quand vous voulez. Le premier agrément, lui, dure deux ans, il n’y a pas besoin de le renouveler au bout d’un an.

Pourquoi entrer maintenant ? Je préfère attendre…

Si vous êtes répertorié dès maintenant dans notre annuaire en ligne et papier, les clients prendront l’habitude de venir dans votre entreprise. Si vous y rentrez plus tard, peut-être un concurrent aura déjà fait cette démarche et donc fidélisé des clients.

La commission de 5%, ça fait beaucoup ! Et l’adhésion est trop chère…

Ce n’est que 5% de la partie de votre chiffre d’affaires en eusko, et encore, seulement de la partie de votre chiffre d’affaires en eusko que vous ne parvenez pas à réutiliser. En Allemagne, où nous avons été, les entreprises réutilisent en moyenne 73% de leurs chiemgauers, leur monnaie locale, en Bavière. Et c’est une moyenne, qui comprend ceux qui viennent de rentrer : ceux qui sont depuis longtemps dans le réseau réutilisent entre 80% et 100% de leur monnaie locale, donc ne paient aucun frais.

Comment ça se passe au niveau de la TVA sur vos frais ?

Les frais de commission de 5% comme les frais d’adhésion ne sont pas soumis à la TVA car Euskal Moneta est une association non soumise à la TVA.

Si l’eusko marche bien, il y aura moins de reconversions en euros que de nouveaux eusko mis en circulation, donc le système des 3% aux associations ne sera pas financé…

Mais si ! Tout le monde se pose la question à un moment ou à un autre, mais la réponse est simple : quand on met 100 eusko en circulation, on garde les 100 euros en réserve sur un compte en banque. Si ces 100 eusko reviennent pour être changés, on ne rend que 95 euros. Donc on a 5 euros pour nous, 3 pour les associations, et 2 pour Euskal Moneta. Et si, cas tout à fait théorique, ces 100 eusko ne reviennent jamais, ce n’est pas 5 euros que nous avons de disponibles, mais 100 euros !